Depuis 2024, la revalorisation annuelle du Smic impacte automatiquement le salaire minimum légal des apprentis, modifiant chaque année le montant perçu selon l’âge et l’avancement dans le cursus. Certains contrats conclus avant juillet 2023 bénéficient encore d’un calcul transitoire, générant des écarts notables entre apprentis pourtant au même niveau d’études.
Des écarts de rémunération subsistent également entre les différentes conventions collectives et accords de branche : certains imposent des niveaux supérieurs à la grille nationale. Pour connaître précisément ce qui attend les apprentis en 2025, il est judicieux de s’appuyer sur les outils de simulation officiels qui tiennent compte des avancées réglementaires et du contexte propre à chaque secteur.
Salaire apprenti 2025 : ce qui change réellement cette année
Le jeu se resserre pour la rémunération des apprentis en 2025. Premier changement concret : le SMIC mensuel brut grimpe à 1 801,80 €. Cette augmentation rejaillit immédiatement sur les minima légaux versés aux alternants, toutes filières confondues. Mais ce n’est pas tout, une autre évolution majeure intervient sur les exonérations de cotisations.
Jusqu’à présent, le contrat d’apprentissage offrait une exonération salariale à hauteur de 79 % du SMIC. Désormais, ce seuil baisse à 50 %. Résultat : la fraction de salaire soumise aux charges augmente, modifiant le net perçu chaque mois, une nuance qui pèsera surtout sur la rémunération des apprentis proches de la fin de leur contrat ou à horaires pleins.
Dans certains secteurs, les conditions changent vite. Exemple : l’hôtellerie-café-restauration applique avec l’avenant n°35 une hausse spectaculaire de +30 % pour les mineurs en apprentissage. Cette stratégie vise très franchement à séduire et fidéliser les jeunes, les recruteurs ayant du mal à stabiliser leurs équipes.
À retenir cette année, plusieurs mesures marquantes entrent en jeu :
- La revalorisation du SMIC concerne l’ensemble des contrats d’apprentissage.
- Le nouveau barème d’exonération des cotisations sera effectif à partir du 1er mars et influe directement sur le montant net touché.
- Dans certains secteurs couverts par une convention spécifique, la grille peut s’avérer bien plus généreuse que le national.
La recommandation officielle reste simple : faire le point sur les changements via un simulateur adapté à son cas, car l’objectif d’harmonisation en 2025 met aussi en lumière des écarts persistants d’un secteur à l’autre.
Comprendre la nouvelle grille de rémunération selon l’âge et l’année de contrat
Le salaire d’un apprenti en 2025 dépend avant tout de deux critères : l’âge, et l’année de formation dans le contrat. La loi fixe un pourcentage du SMIC, ou du salaire minimum prévu par la convention collective si ce dernier s’avère plus avantageux.
Un jeune de moins de 18 ans perçoit une rémunération inférieure à celle d’un alternant de 21 ans, même à expérience identique. Lorsqu’un apprenti passe une tranche d’âge, la hausse s’applique dès la date anniversaire, sans formalité. L’avancement dans le cursus joue aussi : chaque année, la part versée progresse automatiquement.
Voici des exemples parlants pour mieux visualiser les changements :
- Un apprenti de 18 à 20 ans démarre à 43 % du SMIC en première année, soit 774,77 € brut mensuels.
- Cette proportion grimpe à 51 % en deuxième année, soit 919,00 € brut.
- Dès 21 ans, la rémunération monte à 53 % dès la première année (955,00 €) et atteint jusqu’à 78 % du SMIC en troisième année (1 405,40 €).
Dans des secteurs comme le BTP ou la métallurgie, les conventions collectives tirent parfois les salaires bien au-delà du minimum légal. Les apprentis en situation de handicap bénéficient d’une majoration de 15 % du SMIC. Une mention complémentaire obtenue permet aussi un relèvement équivalent du salaire. Et si un apprenti doit redoubler sa formation, sa paye reste stable, inchangée d’une année sur l’autre.
Après plusieurs contrats successifs, l’apprenti conserve la rémunération acquise, offrant une progression sécurisante tout au long du parcours.
Comment estimer précisément votre salaire d’apprenti en 2025 ?
Pour calculer son salaire brut en 2025, il faut considérer la convention nationale, l’âge, l’ancienneté dans le contrat, la branche d’activité et la convention collective applicable.
On commence par appliquer le pourcentage prévu à la base du SMIC en vigueur (1 801,80 €), ce qui donne un montant brut. Le nouveau seuil d’exonération, abaissé à 50 %, augmente les prélèvements sociaux, ce qui réduit le net, tout en maintenant la couverture sociale intégrale pour l’apprenti. Par exemple, un contrat de première année pour un jeune de 19 ans équivaut à 43 % du SMIC : le calcul s’effectue sur cette base, et la part nette s’ajuste selon les nouvelles cotisations en vigueur depuis mars.
Au-delà du salaire, il existe d’autres leviers pour renforcer le pouvoir d’achat : la prime d’activité, l’APL, et l’aide au permis de conduire sont mobilisables. Autre avantage de taille : la plupart des apprentis ne paient pas d’impôt sur le revenu si leur rémunération ne dépasse pas un SMIC annuel brut (soit 21 621,60 € en 2025). Ce coup de pouce fiscal allège nettement la situation de nombre de jeunes en formation.
Alternance, secteurs, diplômes : les écarts de salaires à connaître
Le niveau de rémunération constaté chez les apprentis varie largement selon le secteur d’activité, le diplôme préparé et le type de contrat signé. L’apprentissage conduit vers des diplômes d’État ou des titres enregistrés, alors qu’un contrat de professionnalisation cible une qualification professionnelle.
Certains secteurs, comme l’hôtellerie-café-restauration, offrent en 2025 une rémunération gonflée de 30 % par rapport au minimum légal (avenant n°35) pour les mineurs. D’autres filières telles que le BTP, la métallurgie, la banque ou la grande distribution vont au-delà du plancher national dès la deuxième année, sous l’impulsion de conventions collectives particulièrement attractives.
Voici quelques tendances à garder en tête pour mesurer les différents niveaux de salaire suivant la filière et le diplôme :
- Dans le commerce et la grande distribution, les apprentis touchent souvent le minimum réglementaire, sauf initiative spécifique de l’entreprise.
- L’industrie et le BTP appliquent la plupart du temps des majorations, surtout à partir de 21 ans.
- Changer de tranche d’âge ou décrocher une mention complémentaire entraîne automatiquement une revalorisation salariale.
La qualification visée compte aussi. Se lancer dans un cursus bac+2 ou plus ouvre fréquemment la voie à un salaire supérieur, en fonction des accords de branche. ICEP Formation par exemple, réputé pour son accompagnement et son taux d’insertion à 6 mois qui dépasse 83 %, témoigne de ce que l’alternance combine : montée en compétences réelle et augmentation du revenu.
Au final, 2025 n’efface pas les différences de traitement entre secteurs mais généralise des règles qui donnent à chaque apprenti la chance de bâtir, au fil de son parcours, une progression visible. L’alternance prend de l’ampleur sur le terrain, et le tableau des salaires dessine, en filigrane, une voie solide vers l’autonomie professionnelle.


