Certains savoirs, ancrés dès l’enfance, se métamorphosent sous le double effet des révolutions technologiques et des attentes sociales. Ce qui paraissait immuable, une hiérarchie de compétences figée, se trouve aujourd’hui bousculé par l’irruption de l’intelligence artificielle et la nécessité d’une agilité permanente sur le marché du travail.
Les entreprises ne se contentent plus de jauger la technique. De nouveaux critères, souvent négligés, se fraient un chemin dans les entretiens d’embauche, les bilans de compétence, les plans de carrière. Il ne s’agit plus seulement de briller individuellement, mais de savoir manier différents registres de savoirs pour composer avec les défis multiples et mouvants du monde professionnel.
Comprendre les savoirs : une clé pour évoluer dans un monde en mutation
Chaque parcours professionnel se construit sur une dynamique d’apprentissage. Depuis une vingtaine d’années, les sciences cognitives décortiquent les ressorts qui optimisent le développement des compétences. Stanislas Dehaene, figure majeure du domaine, a synthétisé quatre piliers qui font la différence. Ces bases concernent tous les âges, bien au-delà des bancs de l’école, et s’appliquent à toute démarche de formation ou de mise à jour des connaissances.
Voici les quatre piliers qui structurent l’apprentissage selon Dehaene :
- Attention : Indispensable pour toute acquisition solide. Face à la surabondance d’informations numériques, il devient vital d’apprendre à filtrer ce qui compte vraiment.
- Engagement actif : On ne retient pas en restant passif. S’impliquer, manipuler, questionner, favorise la mémorisation et affûte l’esprit critique.
- Retour sur erreur : Loin d’être synonyme d’échec, l’erreur sert de tremplin. Elle permet d’ajuster sa méthode, corriger les biais et ancrer durablement ce qui a été appris.
- Consolidation : Répéter, réactiver, intégrer jusqu’à ce que le savoir devienne réflexe. Cette étape fixe les apprentissages et facilite leur automatisation.
Cette classification des compétences cognitives ne relève pas de la théorie pure. Elle irrigue le quotidien des entreprises, où l’adaptabilité et la capacité à évoluer en continu s’imposent. Prenez une équipe projet : un collaborateur qui maîtrise ces quatre piliers apporte une dynamique nouvelle et renforce la performance collective. Les dispositifs de formation professionnelle, eux aussi, puisent dans ces principes pour proposer des parcours ajustés à chaque profil et à chaque rythme.
Quels sont les quatre types de savoirs à connaître aujourd’hui ?
Mieux distinguer les différents savoirs permet de comprendre les compétences réellement mobilisées tout au long d’une carrière. Les grands référentiels identifient quatre catégories structurantes : savoir, savoir-faire, savoir-être et, plus récemment, savoir-devenir. Chacune s’ancre dans une dynamique spécifique, à la croisée de la connaissance, de l’expérience et de la posture.
Précisons le contenu de chaque registre :
- Savoir : Ce sont les connaissances théoriques, acquises lors des études, des lectures, des formations. Elles servent à comprendre un contexte, analyser une situation, maîtriser une règle.
- Savoir-faire : Il s’agit des compétences techniques et pratiques, souvent appelées hard skills. Programmation, gestion de projet, utilisation d’un logiciel… Ces capacités s’affinent par l’entraînement et la répétition.
- Savoir-être : Ce registre englobe les qualités comportementales : empathie, adaptabilité, travail en équipe. Aujourd’hui, ces soft skills prennent une place de choix dans le recrutement et l’accompagnement des talents.
- Savoir-devenir : Cette catégorie, moins balisée, traduit l’aptitude à anticiper, à apprendre sans cesse, à se métamorphoser. Un atout de poids dans des métiers qui évoluent à toute vitesse.
Le chercheur Jérémy Lamri prolonge cette typologie en mettant l’accent sur la créativité, l’esprit critique, la communication et la coopération comme compétences phares du XXIe siècle. Ces aptitudes, transversales, bousculent les frontières entre savoir-faire et savoir-être, redéfinissant les repères de l’apprentissage et des trajectoires professionnelles.
Pourquoi ces compétences sont devenues incontournables en entreprise
La gestion des compétences s’impose désormais comme un levier structurant pour les entreprises qui doivent composer avec des transformations accélérées. Ce contexte remet en cause les schémas de management d’antan. Aujourd’hui, la tendance est à la collaboration, au partage des responsabilités et à la confiance. Claude Onesta, sélectionneur emblématique, incarne ce virage : il mise sur la responsabilisation des membres de l’équipe et la co-création, loin des logiques de contrôle centralisé.
Les organisations valorisent la convivialité et l’initiative. Cette évolution se manifeste par l’essor des organisations apprenantes. L’adaptabilité devient alors un atout stratégique pour relever les défis du marché et anticiper les mutations des métiers. Les professionnels des ressources humaines s’attachent à intégrer ces dimensions dans leur approche du recrutement et dans les politiques de fidélisation des talents.
Trois leviers structurent ces nouvelles dynamiques au sein des équipes :
- Confiance : Base du management collaboratif, elle encourage l’expression et le développement des talents.
- Coopération : Cœur de la performance collective, elle s’appuie sur la diversité des savoirs de chacun.
- Adaptabilité : Pivot de l’organisation apprenante, elle permet aux compétences de rester pertinentes face à l’évolution rapide des métiers.
La valorisation conjointe des soft skills et des hard skills nourrit cette dynamique interne. Les entreprises recherchent désormais des profils qui conjuguent expertise technique, aisance relationnelle et capacité d’apprentissage continu. Ce mélange, loin d’être un effet de mode, s’impose comme une réponse pragmatique à la complexité croissante du monde professionnel.
Réfléchir à son propre parcours : comment développer et valoriser ses savoirs
Prendre le temps d’examiner son parcours professionnel, c’est dresser la carte de ses compétences et repérer les domaines à renforcer. L’auto-analyse, loin d’être accessoire, met en lumière les acquis parfois passés sous silence. L’exercice consiste à revisiter les situations vécues, détailler les missions réalisées, identifier ce qui a fonctionné et ce qui a posé problème. L’entretien annuel, souvent redouté, devient alors une occasion de faire émerger les compétences sectorielles, les compétences techniques spécifiques et les qualités personnelles comportementales qui soutiennent votre évolution.
Pour dynamiser son apprentissage, il existe des outils concrets. Les solutions de mobile learning, comme celles développées par Teach on Mars, s’appuient sur les 4 piliers de l’apprentissage : attention, engagement actif, retour sur erreur et consolidation. Elles proposent des parcours interactifs, sur-mesure, accessibles à tout moment et parfaitement adaptés à des emplois du temps chargés. Cette flexibilité facilite l’intégration de la formation dans le quotidien professionnel.
Mettre en valeur ses compétences suppose de savoir les présenter avec clarté. Les plateformes d’internal talent marketplace, en plein essor, permettent à chacun de recenser ses expériences et de saisir de nouvelles opportunités en interne. Grâce aux référentiels métiers, l’offre de compétences se structure et leur reconnaissance devient plus objective. Dans cette dynamique, l’expérience accumulée se transforme en levier d’évolution, et la capacité à résoudre des situations complexes fait toute la différence.
À l’heure où les repères changent, la capacité à apprendre, à se réinventer et à faire reconnaître ses savoirs devient un passeport pour naviguer dans le monde du travail. Reste à savoir quelle direction donner à ce mouvement.


